Selon Le Commerce du Levant, l’arak traditionnel libanais titre généralement 53° après une triple distillation et une réduction à l’eau. Cette eau-de-vie associe du raisin fermenté et des graines d’anis, puis repose avant sa mise en bouteille. L’arak artisanal ne désigne donc pas un alcool d’anis simplement aromatisé : son identité vient d’abord du vin nouveau, du travail de l’alambic et du temps de repos. Voici les repères utiles pour comprendre sa fabrication, ses différences régionales et son service.
En Bref
- L’arak levantin part d’un vin nouveau issu de raisin fermenté, souvent du cépage Obeïdi.
- La tradition repose sur une triple distillation, avec ajout d’anis lors de la dernière passe.
- Après au moins huit mois en jarres, il est ramené autour de 53° avec de l’eau purifiée.
- L’arak libanais diffère des araks de dattes irakiens et de riz indonésiens.
L’arak traditionnel : de quelle boisson parle-t-on ?
L’arak levantin, une eau-de-vie de raisin et d’anis
L’arak traditionnel est une eau-de-vie de raisin parfumée aux graines d’anis. Au Liban, en Palestine, en Syrie ou en Jordanie, il accompagne volontiers les repas et les assiettes de mezze. Sa fabrication commence avec du raisin fermenté, pas avec un alcool neutre acheté puis aromatisé. Cette origine vinicole donne de la structure au spiritueux, tandis que l’anis vert apporte sa note fraîche, réglissée et persistante.
Des variantes régionales à ne pas confondre
Le mot « arak » recouvre plusieurs boissons distinctes selon les pays. L’arak levantin s’appuie sur le raisin ; l’arak irakien peut provenir de dattes, tandis que certaines variantes d’Indonésie utilisent de l’alcool de riz ou des matières végétales locales. Ces produits ne suivent ni la même tradition ni le même profil aromatique.
| Boisson | Base principale | Particularité |
|---|---|---|
| Arak levantin | Raisin | Anis et triple distillation |
| Arak irakien | Dattes | Base fruitée différente |
| Arak indonésien | Riz ou sève locale | Tradition distincte |
| Raki turc | Raisin ou alcool agricole | Anisé, style turc |
| Ouzo grec | Alcool agricole | Souvent plus sucré |
Les deux ingrédients au cœur de la fabrication : raisin et anis
Le vin nouveau issu de raisins fermentés
Le vin nouveau est le liquide obtenu après fermentation des raisins. Dans la Békaa, le cépage Obeïdi est fréquemment associé à l’arak libanais. Les sucres du fruit sont transformés en alcool par les levures, créant une base qui sera ensuite distillée. Sur une table libanaise, cette origine explique pourquoi un bon arak garde une impression de raisin, même lorsque l’anis domine le nez.
Pourquoi les graines d’anis vert définissent le style
L’anis vert est la signature aromatique de cette boisson anisée. Ses graines libèrent des huiles essentielles pendant la phase d’aromatisation, notamment l’anéthol, responsable de la sensation anisée et du trouble blanc au contact de l’eau. Le choix de l’anis influence directement l’équilibre final : un anis trop agressif masque la base de raisin.
De la fermentation à l’alambic : préparer l’eau-de-vie
La transformation du raisin en vin
Les raisins sont pressés puis fermentent pour former le vin destiné à la distillation. Cette étape ne cherche pas à produire un vin de dégustation ; elle prépare une matière première saine et régulière pour l’eau-de-vie. La qualité du fruit reste déterminante, car aucun passage ultérieur ne corrige durablement un raisin altéré.
Le rôle traditionnel de l’alambic en cuivre
L’alambic en cuivre chauffe le vin et condense les vapeurs alcooliques afin d’obtenir un distillat. Le cuivre est traditionnel dans les ateliers levantins, car il participe au traitement de certains composés soufrés et supporte bien cet usage. La distillation est un métier réglementé : elle exige du matériel contrôlé, une séparation rigoureuse des fractions et des analyses de produit.
Pourquoi l’arak est-il traditionnellement distillé trois fois ?
Première et deuxième passes : concentrer l’alcool de raisin
Les deux premières passes concentrent progressivement l’alcool issu du vin. D’après Le Commerce du Levant, la première donne un alcool autour de 45°, puis la seconde peut atteindre environ 73°. Ces valeurs décrivent une pratique traditionnelle, non un mode d’emploi domestique. Chaque passage impose des contrôles qui conditionnent la sécurité du spiritueux.
Troisième distillation : l’étape d’aromatisation à l’anis
La troisième distillation intègre les graines d’anis vert. Cette passe fixe le profil attendu de l’arak artisanal : raisin en fond, anis net, bouche sèche et chaleur alcoolique marquée. La triple distillation distingue le style levantin de nombreuses boissons anisées élaborées à partir d’alcool neutre, de sucre et d’arômes.
Repos, réduction et profil final de l’arak
Le vieillissement en jarres de terre cuite
Après distillation, l’arak peut reposer dans des jarres en terre cuite. La source libanaise indique un minimum de huit mois pour la tradition décrite. Ce vieillissement stabilise le spiritueux et laisse les arômes se fondre. Les jarres ne visent pas à donner un goût boisé : elles préservent un profil clair, dominé par le raisin et l’anis.
L’ajout d’eau purifiée et le degré d’alcool
Le distillat est ensuite réduit avec de l’eau distillée ou purifiée, jusqu’au degré commercial recherché. Pour l’arak libanais traditionnel, 53° constitue un repère courant cité par Le Commerce du Levant. Une eau mal maîtrisée peut troubler le produit ou modifier ses arômes ; c’est pourquoi les producteurs contrôlent aussi cette étape.
Fabriquer de l’arak chez soi : cadre légal et sécurité
Pourquoi la distillation d’alcool ne s’improvise pas
La fabrication d’alcool distillé chez soi peut être interdite ou strictement encadrée selon le pays. En France, la détention et l’usage d’un alambic destiné à produire des spiritueux relèvent d’obligations déclaratives et fiscales. Vous devez vérifier les règles applicables auprès des douanes avant tout projet, même familial ou présenté comme artisanal.
Méthanol, contrôle du produit et réglementation
Le danger principal est le méthanol, un alcool toxique qui peut provoquer des atteintes graves à la vision et au système nerveux. Le Commerce du Levant rapporte un seuil de 0,004 % dans le cadre de la production évoquée. Seules des procédures professionnelles et des contrôles analytiques permettent de vérifier un spiritueux. L’achat auprès d’un producteur déclaré reste la solution sûre.
Comment déguster l’arak traditionnellement ?
L’eau, les glaçons et le trouble blanc
Servez l’arak avec de l’eau fraîche, puis ajoutez les glaçons. Le liquide devient blanc laiteux : c’est l’effet « louche », provoqué par les huiles d’anis qui ne restent plus dissoutes lorsque le degré d’alcool baisse. Versez l’eau avant la glace afin de mieux observer cette transformation et de préserver une dilution régulière.
Accords avec les mezzés et moment de service
L’arak accompagne les mezzés salés, les herbes, les grillades et les préparations à base d’aubergine. Son anis rafraîchit la bouche face au gras du houmous, du labneh ou des keftas. Servez-le lentement pendant le repas, dans de petits verres, avec de l’eau et quelques assiettes à partager.
FAQ
Comment est fait l’arak ?
L’arak levantin est élaboré à partir de raisin fermenté transformé en vin nouveau. Ce vin est distillé plusieurs fois dans un alambic en cuivre, puis les graines d’anis sont ajoutées lors de la dernière distillation. Le spiritueux repose ensuite en jarres avant sa réduction avec de l’eau purifiée.
Est-il légal de fabriquer son propre alcool ?
Cela dépend du pays et du type d’alcool produit. La distillation de spiritueux est souvent soumise à déclaration, fiscalité, autorisation ou contrôle sanitaire. En France, renseignez-vous auprès de l’administration des douanes avant toute utilisation d’alambic. La production sans maîtrise technique expose aussi à des risques sérieux.
Quelle est la différence entre l’arak et le raki ?
L’arak levantin repose traditionnellement sur du vin de raisin et une triple distillation avec anis. Le raki est une boisson anisée turque, dont les matières premières et les pratiques de production peuvent varier. Les deux partagent l’anis et le trouble blanc à l’eau, mais leur origine et leur style ne sont pas identiques.
Pourquoi l’arak devient-il blanc lorsqu’on ajoute de l’eau ?
L’anis contient des huiles aromatiques peu solubles dans une boisson diluée. Quand vous ajoutez de l’eau, elles forment de fines gouttelettes en suspension. Ce phénomène rend l’arak blanc et opaque, sans signaler un défaut. Il révèle au contraire la présence des composés anisés.
Quel degré d’alcool contient l’arak traditionnel ?
L’arak traditionnel libanais est souvent présenté autour de 53° après réduction à l’eau purifiée. Il reste donc nettement plus fort que la plupart des apéritifs anisés français. Pour le découvrir, commencez par une petite quantité diluée à table avec eau fraîche, glaçons et mezze.
Âgé de 26 ans, passionné par la cuisine libanaise et la gestion d’un restaurant convivial au cœur de la ville, je m’efforce chaque jour de faire découvrir les saveurs authentiques de mon pays à travers des plats faits maison et un accueil chaleureux.



